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Faire son site soi-même ou le faire faire ?

Si votre activité démarre, que vous avez plus de temps que d’argent et que l’informatique ne vous fait pas peur, faites-le vous-même. Une plateforme en libre-service fera très bien l’affaire, et vous saurez dans six mois ce que vous voulez vraiment, ce que personne, vous compris, ne sait au premier jour. Si votre activité tourne déjà, que votre temps a une valeur mesurable et que le site doit faire un vrai travail commercial, le calcul s’inverse. Ce que coûte alors un site fait par quelqu’un est dans combien coûte un site internet à Oyonnax.

Le reste de cet article détaille les deux voies honnêtement, avec leurs coûts réels et leurs pièges respectifs, tels qu’on les voit chez les indépendants et les petites structures d’Oyonnax et du Haut-Bugey.

Ce que les plateformes font vraiment bien

Wix, Squarespace, Shopify, WordPress.com et les autres ne sont pas des sous-produits. Sur trois points, elles sont même difficiles à battre.

Elles suppriment tout ce qui n’a rien à voir avec votre métier : l’hébergement, le nom de domaine, le certificat de sécurité (le petit cadenas du navigateur), les sauvegardes, les mises à jour. Vous n’avez pas à savoir ce que sont ces choses, elles sont incluses.

Leurs modèles de page sont corrects et lisibles sur téléphone d’office. Un restaurant qui veut sa carte, ses horaires et un bouton de réservation obtient un résultat honnête en une soirée.

Et vous restez autonome. Changer un prix ou une photo à 22 h un dimanche, sans demander à personne, ça a une valeur réelle.

Leur coût réel sur trois ans

Les prix affichés sont mensuels, ce qui aide à les sous-estimer. Ordres de grandeur publics constatés sur les offres courantes, hors promotions de première année :

  • une formule vitrine avec nom de domaine : de 12 à 25 € par mois, soit entre 430 et 900 € sur trois ans ;
  • une formule boutique en ligne : de 30 à 50 € par mois, soit entre 1 000 et 1 800 € sur trois ans, avant la commission prélevée sur chaque vente ;
  • les extensions payantes, ajoutées une par une, réservation, prise de rendez-vous, traduction, formulaires avancés, de 5 à 30 € par mois chacune.

Un site fait par un prestataire se paie une fois, entre 1 500 et 5 000 € pour un site vitrine de petite structure sur le marché français, plus l’hébergement, entre 5 et 15 € par mois. Sur trois ans, les deux additions se rejoignent souvent. L’écart n’est pas là où on l’attend : il est dans le temps passé.

Le temps que ça prend quand on n’a jamais fait

Comptez, pour une première fois, entre trois et six journées de travail réparties sur quelques semaines. Le montage des pages est la partie facile. Ce qui prend du temps :

  • écrire les textes, de loin le plus long, et le plus souvent bâclé ;
  • trouver ou faire des photos qui ne soient pas des images de banque reconnaissables au premier coup d’œil ;
  • décider quoi mettre en avant, ce qui suppose de savoir à qui l’on parle ;
  • reprendre le tout parce que le résultat ne ressemble pas à ce qu’on voulait.

Ces journées ne sont pas perdues : vous comprendrez votre offre en l’écrivant. Mais elles existent, et si vous les prenez sur vos heures facturables, calculez ce qu’elles coûtent avant de dire que c’est gratuit.

Ce que vous ne pourrez pas faire ensuite

C’est la limite réelle des plateformes, et elle n’apparaît qu’au bout d’un an ou deux.

Vous restez dans le cadre prévu par l’outil. Tant que votre besoin ressemble à celui de tout le monde, très bien. Le jour où il faut une prise de rendez-vous branchée sur un agenda métier, un devis calculé automatiquement, un catalogue alimenté depuis un fichier, on se cogne au mur, ou on paie une extension qui fait presque ce qu’il faut.

Le poids des pages, lui, ne s’améliore pas : les modèles sont génériques, donc lourds, et se chargent rarement aussi vite qu’un site fait sur mesure.

La question de la propriété et du départ

Point important et rarement posé : vos textes et vos photos vous appartiennent, la mise en page non. Elle appartient à la plateforme, qui vous la loue. Si vous arrêtez de payer, le site s’éteint.

Vérifiez trois choses avant de vous engager :

  • le nom de domaine est-il à votre nom ? S’il a été acheté pour vous à travers la plateforme, demandez confirmation que vous pouvez le transférer ailleurs. C’est votre adresse, elle doit vous suivre ;
  • peut-on exporter le contenu ? Certaines offres permettent de sortir textes et images dans un format réutilisable, d’autres ne donnent rien de plus qu’un copier-coller manuel, page par page ;
  • peut-on récupérer la liste des adresses des pages ? Elle sert le jour où vous refaites le site à mettre en place les redirections qui évitent de perdre votre référencement.

Aucune de ces réponses n’est rédhibitoire. Il vaut mieux les connaître avant.

Ce qu’on achète en passant par quelqu’un

Pas des lignes de code. Trois choses concrètes.

Des choix. Quelle page en premier, quel message en haut, qu’est-ce qu’on n’écrit pas. Un site raté est presque toujours un site où personne n’a tranché.

Du temps. Vos trois à six journées deviennent trois ou quatre heures d’entretien et de relecture.

Un interlocuteur. Quelqu’un à qui dire « le formulaire ne marche plus » sans avoir à comprendre pourquoi.

Ce que vous devez fournir de toute façon : les textes ou au minimum la matière pour les écrire, de vraies photos de votre travail, et les décisions. Personne ne peut savoir à votre place quelle prestation vous voulez développer cette année. Un prestataire qui ne vous demande rien ne vous fera pas un bon site.

Le risque de l’autre côté

Il est réel et il porte un nom : la dépendance à quelqu’un d’injoignable. Un site livré, un prestataire qui change de métier, et deux ans plus tard personne ne sait où est hébergé le site ni qui détient les accès.

Trois questions à poser avant de signer, et à faire écrire noir sur blanc :

  • le nom de domaine est-il enregistré à mon nom, avec mes identifiants ?
  • ai-je les accès à l’hébergement et au site, sans passer par vous ?
  • si je veux partir, qu’est-ce que j’emporte exactement ?

Un prestataire sérieux répond à ces trois questions sans se crisper.

Une grille pour trancher

Regardez vos quatre curseurs.

Le temps. Moins de trois jours disponibles dans les deux mois : faites-le faire. Ces journées existent, elles ne se trouvent pas après coup.

Le budget. Moins de 1 000 € : plateforme, sans hésiter. Entre 1 000 et 2 500 € : une plateforme bien remplie, ou un site simple fait par quelqu’un. Au-delà, le sur-mesure se justifie s’il y a une vraie attente commerciale.

La complexité. Présenter, rassurer, donner un numéro : la plateforme suffit. Réservation, devis automatique, catalogue, plusieurs langues, connexion à un logiciel métier : la plateforme va coincer.

L’appétence. Si passer une soirée à déplacer des blocs vous agace, ça se verra dans le résultat, et le site restera à moitié fini. C’est le critère le plus prédictif des quatre.

Les cas où faire soi-même est franchement le bon choix

Vous testez une activité et vous n’êtes pas sûr de la garder. Vous avez besoin d’une adresse et d’un numéro plus que d’un site. Votre clientèle vient du bouche-à-oreille et cherche juste à vérifier que vous existez. Vous vendez trois produits à des gens qui vous connaissent déjà. Vous avez du temps et l’envie d’apprendre.

Dans ces cas-là, payer quelqu’un revient à figer trop tôt des choix que vous ne pouvez pas encore faire. Montez la version simple vous-même, soignez d’abord votre fiche Google Business, laissez tourner six mois, et regardez ce qui manque vraiment.

Par quoi commencer

Avant de choisir la voie, écrivez trois paragraphes : ce que vous vendez, à qui, et pourquoi on vous appellerait vous. Si vous y arrivez, la plateforme sera largement suffisante pour les mettre en ligne. Si vous bloquez, c’est là qu’un regard extérieur sert, et ça se règle en une conversation, pas en un devis.

Si vous hésitez encore après la grille, envoyez-nous vos quatre curseurs : on vous dira ce qu’on ferait à votre place, y compris quand c’est de le faire vous-même.

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