Quand quelqu’un tape « plombier Oyonnax » ou « restaurant Nantua », Google n’affiche pas d’abord des sites web : il affiche une carte avec trois établissements. Ces trois places-là ne se gagnent pas avec un beau site, mais avec une fiche Google Business complète, des avis, et une adresse cohérente partout sur le web. C’est le point de départ, et c’est gratuit.
Le site vient ensuite. Il sert à sortir sur des recherches plus précises, « fuite chasse d’eau Haut-Bugey », « ostéopathe pour bébé Oyonnax », et à convaincre celui qui a cliqué. Mais si vous ne deviez faire qu’une seule chose ce mois-ci, ce serait la fiche.
La fiche Google Business, point par point
C’est le rectangle qui apparaît à droite quand on cherche votre nom, et la punaise sur la carte. Elle se crée et se gère gratuitement.
- Une catégorie principale précise. « Plombier » plutôt que « Entreprise de bâtiment ». C’est le champ qui pèse le plus lourd sur les recherches où vous apparaissez. Ajoutez ensuite des catégories secondaires si votre activité en couvre plusieurs.
- Les horaires, tenus à jour. Y compris les fermetures d’août et des jours fériés. Google indique que les fiches avec des horaires renseignés sont nettement plus consultées, et un client qui se déplace pour trouver porte close ne revient pas.
- Des photos réelles, régulièrement. La devanture, l’intérieur, l’équipe, les chantiers finis. Dix photos vraies valent mieux que trois photos de banque d’images. Pour un garage ou un salon de coiffure, c’est souvent ce qui décide du clic.
- La zone desservie. Un artisan qui intervient sur Oyonnax, Bellignat, Arbent, Groissiat et Nantua peut le déclarer. Un commerce avec local doit au contraire renseigner son adresse exacte.
- La description et les services. Quelques lignes en français normal, qui disent ce que vous faites et pour qui. Pas une énumération de villes.
- Les questions. N’importe qui peut poser une question sur votre fiche. Personne ne surveille, et une question sans réponse reste visible des mois. Vous pouvez poser vous-même les questions fréquentes et y répondre : c’est autorisé et utile.
Une fiche remplie à fond met quelques semaines à produire son effet. C’est le meilleur rapport temps/résultat de tout le référencement local.
Le nom, l’adresse et le téléphone doivent être identiques partout
Google recoupe ce qu’il trouve sur vous à différents endroits du web : votre site, les Pages Jaunes, un annuaire de votre fédération, votre page Facebook, la fiche d’un site de prise de rendez-vous. Si l’adresse est écrite « 12 rue de la République » ici et « 12 r. de la Rép. » là, avec deux numéros de téléphone différents, le recoupement se fait mal et la confiance baisse.
Concrètement : choisissez une écriture exacte de votre nom commercial, de votre adresse et de votre numéro, et reprenez-la mot pour mot partout. Faites une recherche de votre nom sur Google et corrigez les fiches anciennes que vous aviez oubliées. C’est fastidieux, ça prend une soirée, ça compte réellement.
Les avis clients
C’est le deuxième levier, et le plus inconfortable à activer parce qu’il faut demander.
Un avis récent pèse plus qu’un avis de 2021. Une entreprise avec 18 avis dont quatre datent du mois dernier envoie un meilleur signal qu’une entreprise avec 60 avis tous vieux de trois ans. Le rythme régulier compte autant que le nombre.
Quelques principes qui tiennent :
- demandez au bon moment, quand le client est content et que vous l’avez en face, pas par courriel trois semaines après ;
- ne proposez jamais de contrepartie, c’est interdit par Google et ça se voit ;
- répondez à tous les avis, y compris les mauvais, sobrement et sans polémique. La réponse s’adresse aux lecteurs suivants, pas à l’auteur ;
- n’achetez pas d’avis. Les faux avis se détectent, et une fiche suspendue coûte bien plus que ce qu’elle aurait rapporté.
Les pages par métier et par commune
Sur votre site, une page unique intitulée « Nos services » qui liste tout ne sortira sur rien de précis. Ce qui fonctionne, c’est une page par prestation réelle, écrite en entier : ce que vous faites, comment ça se passe, combien de temps, quel ordre de prix, ce qu’il faut prévoir.
Pour les communes, la règle est la même mais plus délicate. Une page « Plombier à Nantua » a du sens si vous y intervenez vraiment et que vous avez quelque chose à en dire : vos délais d’intervention là-bas, un chantier réalisé, une particularité locale. Une page identique déclinée sur quinze communes en changeant seulement le nom de la ville est repérée comme telle et ne remonte pas. Mieux vaut trois pages de commune vraies que quinze pages vides.
Pourquoi Bellignat peut passer devant Oyonnax
C’est la question qui revient toujours. Sur les recherches locales, la taille de l’entreprise ne décide de rien. Google combine trois choses : la pertinence (votre fiche correspond-elle à ce qui est cherché), la distance (entre celui qui cherche et vous) et la notoriété (avis, mentions, cohérence des informations).
Ce qui donne des situations très ordinaires ici : un ostéopathe installé à Bellignat, avec une fiche impeccable et trente avis récents, sortira devant un cabinet plus gros d’Oyonnax dont la fiche n’a pas été touchée depuis l’ouverture. Une entreprise de plasturgie de Nantua avec un site qui décrit précisément ses procédés sera trouvée sur une recherche technique qu’un concurrent plus important n’a jamais pensé à traiter.
La distance joue, mais elle joue à partir de l’endroit où se trouve la personne qui cherche, et dans la vallée, tout le monde est à dix minutes de tout le monde. Le soin apporté à la fiche fait davantage la différence que le code postal.
Ce qui ne sert à rien
- Acheter des liens. Payer pour que d’autres sites pointent vers le vôtre est contraire aux règles de Google, coûte cher, et l’effet s’effondre à la première mise à jour de leurs systèmes. Pour une activité locale, c’est doublement inutile.
- Bourrer les mots-clés. Écrire « plombier Oyonnax, plombier Bellignat, plombier Haut-Bugey » quinze fois dans une page ne fait plus rien depuis quinze ans, et rend le texte illisible pour la seule personne qui compte : le client.
- Les annuaires payants. Quelques inscriptions gratuites et pertinentes suffisent. Un abonnement à plusieurs centaines d’euros par an pour figurer dans un annuaire que personne ne consulte n’apporte pas de clients. Si un commercial vous appelle en promettant la première place sur Google, personne ne peut la promettre : cette place-là ne se vend pas.
- Mettre une fausse adresse pour viser une autre ville. Ça se détecte, et la sanction est la disparition de la fiche.
Par quoi commencer cette semaine
Dans l’ordre : réclamez ou complétez votre fiche Google Business jusqu’au bout, ajoutez dix photos, vérifiez que votre nom, adresse et téléphone sont écrits pareil partout, et demandez un avis aux trois prochains clients satisfaits. Ça ne coûte rien et ça occupe une soirée. Le site et les pages par prestation viennent après, une fois cette base posée. Et si le site existe déjà, six vérifications disent s’il faut le refaire ou le réparer.
Si vous voulez qu’on regarde ensemble ce qui manque sur votre fiche ou sur votre site actuel, écrivez-nous : un regard extérieur sur ce point précis ne demande pas de projet derrière.
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