Dans la majorité des cas que l’on voit, le site n’a pas besoin d’être refait, il a besoin d’être corrigé. Un numéro de téléphone qu’on ne trouve pas, des horaires faux depuis deux ans, une fiche Google jamais remplie : ce sont des défauts qui coûtent des clients et qui se réparent dans la journée. La refonte complète ne se justifie que quand la base elle-même est cassée, et il y a une manière simple de le vérifier avant de dépenser quoi que ce soit.
Voici six vérifications que vous pouvez faire seul, ce soir, avec votre téléphone et un ordinateur. Notez à chaque fois si ça passe ou non. Le verdict vient à la fin.
1. Le site est-il lisible sur téléphone ?
Ouvrez votre site sur votre propre téléphone, pas sur l’ordinateur. Est-ce que le texte se lit sans zoomer ? Est-ce que les boutons se touchent du pouce sans viser ? Est-ce qu’il faut faire glisser l’écran de gauche à droite pour lire une ligne entière ?
C’est le test le plus important, parce que pour un plombier, un restaurant ou un coiffeur, l’essentiel des visites vient du téléphone. Si le site a été fait avant 2013 environ, il a été pensé pour un écran d’ordinateur et il n’a probablement jamais été adapté. On appelle ça un site non responsive : sa mise en page ne s’ajuste pas à la taille de l’écran. Ça ne se rattrape pas par retouches, c’est la structure du site qui est en cause.
2. Combien de temps met-il à s’afficher ?
Comptez à voix haute pendant le chargement, en 4G, hors de chez vous. Au-delà de trois ou quatre secondes, une bonne partie des visiteurs sont déjà repartis.
Neuf fois sur dix la cause est bête : des photos mises en ligne telles qu’elles sortent de l’appareil, cinq mégaoctets chacune, alors que deux cents kilooctets suffiraient à l’écran. C’est une correction rapide. Si le site reste lent une fois les images allégées, le problème est ailleurs, souvent un empilement d’extensions installées au fil des ans.
3. Comprend-on en cinq secondes ce que vous vendez et comment vous joindre ?
Faites lire la page d’accueil à quelqu’un qui ne connaît pas votre métier. Demandez-lui ensuite : qu’est-ce que je vends, où, et comment est-ce qu’on m’appelle ?
S’il hésite, le problème n’est pas technique, il est éditorial. Beaucoup de sites s’ouvrent sur une phrase creuse et gardent le numéro de téléphone en bas d’une page « Contact ». Le téléphone, la ville et l’activité doivent être visibles sans scroller. C’est une demi-journée de travail, pas une refonte.
4. Apparaissez-vous quand on tape votre métier et votre ville ?
Cherchez « plombier Oyonnax », « restaurant Haut-Bugey », ce qui correspond à votre activité. Regardez d’abord le bloc de résultats avec la carte : c’est là que se joue l’essentiel du local, et il dépend de votre fiche Google Business, la fiche gratuite qui affiche vos horaires, votre adresse et vos avis. Si vous n’en avez pas, c’est le premier chantier, avant même le site.
Cherchez ensuite le nom exact de votre entreprise. Si le site ne sort pas sur son propre nom, il y a un problème de fond : parfois une case « demander aux moteurs de recherche de ne pas indexer ce site » restée cochée depuis la mise en ligne. Ça se décoche en trente secondes.
5. Les contenus sont-ils encore vrais ?
Horaires, tarifs, prestations abandonnées, membres de l’équipe partis, actualité datée de 2019. Un contenu faux fait plus de dégâts qu’un contenu absent : le client qui se déplace un jour de fermeture ne revient pas. C’est de la mise à jour, pas de la reconstruction.
6. La technologie tient-elle encore debout ?
Trois signaux à regarder.
L’adresse commence-t-elle par http:// au lieu de https:// ? Sans le
s, le navigateur affiche « Non sécurisé » à côté de votre nom de domaine. Le
certificat qui corrige ça est aujourd’hui gratuit chez la plupart des
hébergeurs.
La plateforme existe-t-elle toujours ? Certains sites tournent sur des outils que leur éditeur a abandonnés, ou sur une version de logiciel qui ne reçoit plus de correctifs de sécurité. Là, il n’y a plus personne pour réparer.
Une brique du site a-t-elle disparu ? Un formulaire, une galerie, un module de réservation reposent souvent sur une extension d’un développeur tiers. Quand ce développeur arrête, la brique casse et rien ne la remplace à l’identique.
Le verdict
Ça se répare, comptez d’une heure à une journée :
- téléphone ou adresse introuvables, horaires faux ;
- photos trop lourdes qui ralentissent tout ;
- pas de fiche Google Business, ou une fiche vide ;
- pas de certificat de sécurité (le
https) ; - textes qui ne disent pas clairement le métier et la zone ;
- site absent des résultats à cause d’un réglage d’indexation.
Il faut repartir de zéro quand :
- le site n’est pas lisible sur téléphone et n’a pas été conçu pour l’être ;
- la plateforme ou le logiciel n’est plus maintenu ;
- une extension centrale n’existe plus et n’a pas d’équivalent ;
- personne ne sait plus comment le site est fabriqué ni où il est hébergé.
Dans ce second cas, la question suivante est de savoir si vous refaites vous-même ou avec quelqu’un.
Entre les deux, la question à se poser est financière : si l’addition des réparations approche le prix d’un site neuf, autant prendre le neuf. Une refonte de site vitrine pour une petite structure se situe couramment entre 1 500 et 5 000 € sur le marché, selon le nombre de pages et le travail de contenu (ce qui fait varier le prix est détaillé à part). Une demi-journée de corrections, c’est un autre ordre de grandeur.
Ce qu’il ne faut surtout pas jeter
C’est là que les refontes se ratent. Un site qui « ne rapporte rien » a presque toujours deux ou trois pages qui, elles, fonctionnent.
Les adresses des pages qui marchent. Regardez dans votre outil de statistiques quelles pages reçoivent des visites depuis Google. Ces adresses doivent survivre à la refonte, à l’identique si possible.
Les textes qui amènent ces visites. Une page « dépannage chaudière » écrite il y a six ans peut être votre meilleure source de contacts. On la reprend, on l’améliore, on ne la supprime pas.
Les avis. Ils sont attachés à votre fiche Google, pas à votre site : ils survivent à la refonte tant que vous ne créez pas une deuxième fiche en double.
Pourquoi changer les adresses fait perdre le référencement
Une adresse de page, c’est ce qui suit votre nom de domaine :
monsite.fr/depannage-chaudiere. Google mémorise cette adresse et la crédite,
au fil des années, de la confiance qu’elle a accumulée. Le jour où la refonte
transforme cette adresse en monsite.fr/services/urgence-chauffage sans rien
dire, l’ancienne renvoie une page d’erreur. Google constate que la page a
disparu, la retire de ses résultats, et repart de zéro sur la nouvelle. Les
visites s’effondrent, et il faut souvent des mois pour revenir au point de
départ.
La parade est simple et se met en place au moment de la mise en ligne : une redirection, c’est-à-dire une instruction qui dit « cette adresse a déménagé là ». Le visiteur ne voit rien, et la confiance accumulée suit vers la nouvelle adresse. Cela suppose d’avoir fait la liste des anciennes adresses avant de couper l’ancien site, après, elle est perdue.
Par quoi commencer
Faites les six tests, écrivez les réponses sur une feuille. Traitez d’abord ce qui est gratuit et rapide : la fiche Google, le téléphone en évidence, les horaires, les images allégées. Laissez tourner un mois et regardez si les appels changent. Vous saurez alors si la refonte est vraiment nécessaire, et vous l’aborderez avec une liste d’adresses à conserver plutôt qu’avec une page blanche.
Si vous voulez un avis extérieur sur votre liste, envoyez-la-nous : on vous dira franchement si ça se répare.
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