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Faut-il un site web quand on crée son entreprise ?

La question arrive avec l’immatriculation, souvent le même jour que le choix du statut et l’ouverture du compte bancaire. Et la réponse honnête est : pas toujours, et rarement tout de suite.

Un site web sert à deux choses. Être trouvé par des gens qui ne vous connaissent pas encore. Et rassurer ceux qui ont déjà votre nom, parce qu’ils veulent vérifier à qui ils ont affaire avant d’appeler. Selon que votre activité a besoin du premier, du second, ou des deux, la réponse change, et le budget avec.

Trois situations où le site est utile dès le départ

Les gens cherchent votre métier sur Google, près de chez eux. Un plombier, un électricien, une ostéopathe, un photographe de mariage, un traiteur : ces recherches existent, elles sont locales, et elles ont une intention d’achat immédiate. « Électricien Oyonnax », « ostéopathe Nantua », « traiteur mariage Haut-Bugey » se tapent tous les jours. Ne pas y apparaître, c’est laisser ces demandes à quelqu’un d’autre, dès la première semaine. Mais attention : sur ces recherches, ce qui apparaît d’abord n’est pas un site, c’est la carte et les fiches Google. On y revient.

Vous devez expliquer quelque chose avant de le vendre. Un consultant, un architecte d’intérieur, une sophrologue, un développeur : la prestation demande d’être comprise, et un profil sur un réseau social ne laisse pas la place de l’expliquer tranquillement. Là, quelques pages écrites en entier font le travail qu’une conversation ferait, mais à toute heure.

On vous demande vos références. Dès que vous travaillez avec des entreprises, on vous cherche avant de vous répondre. Une entreprise de plasturgie de la vallée qui reçoit un devis d’un nouveau sous-traitant tape son nom dans Google. L’absence de site est un signal, et pas un bon.

Si vous vous reconnaissez dans l’une des trois, le site fait partie du lancement, au même titre que la carte de visite. Sinon, lisez la suite avant de dépenser.

Les cas où ça peut attendre

Si votre activité démarre par le bouche-à-oreille, que vos premiers clients sont des connaissances et que les suivants viendront par recommandation, le site ne sert qu’au second usage : rassurer quelqu’un qui a déjà votre nom. Une page simple, claire, qui dit qui vous êtes, ce que vous faites et comment vous joindre, suffit. Ce n’est pas la peine d’y mettre trois mille euros.

C’est le cas de beaucoup de coiffeuses à domicile, d’assistantes administratives, d’artisans qui reprennent une clientèle, de consultants qui partent avec deux clients de leur ancien employeur. Leur premier semestre ne dépend pas d’un site.

Il y a aussi un argument que les prestataires n’aiment pas donner : un site fait trop tôt, c’est un site qu’on refait. Dans les six premiers mois, vous découvrez quelle est votre vraie clientèle, quels arguments portent, quelles prestations vous voulez garder et lesquelles vous abandonnez. Un site figé avant ces réponses vieillit en quelques mois, et refaire coûte plus cher qu’attendre.

Par quoi commencer, si ce n’est pas un site

Dans l’ordre, et tout est gratuit :

  1. Une fiche Google Business, correctement remplie : la bonne catégorie, des horaires, une dizaine de vraies photos, votre zone d’intervention si vous vous déplacez. Ça prend une heure, et pour une activité locale, ça rapporte davantage que les premières semaines d’un site. Un artisan de Bellignat ou de Groissiat avec une fiche complète est visible sur toute la vallée sans avoir écrit une ligne de site.
  2. Un nom de domaine à votre nom, même sans rien derrière. Dix à vingt euros par an pour un .fr. Il vous suit toute la vie de l’entreprise, et une adresse e-mail dessus fait plus sérieux qu’une adresse gratuite.
  3. Une page, une seule, sur une plateforme grand public ou sur le domaine que vous venez de prendre : qui vous êtes, ce que vous faites, où, et comment on vous joint. Une après-midi.
  4. Les avis, dès le premier client content. Ils sont attachés à la fiche, pas au site, et ils vous suivront quand le site viendra.

Ensuite seulement, quand vous savez ce que vos clients vous demandent le plus souvent, vous saurez quoi mettre sur un site au lieu de le deviner. Et vous saurez s’il faut le faire vous-même ou le faire faire.

Ce que ça coûte de démarrer petit

Pour donner des ordres de grandeur, ceux qu’on constate sur le marché :

  • la fiche Google Business : 0 € ;
  • le nom de domaine : 10 à 20 € par an ;
  • une page sur une plateforme en libre-service : 0 à 20 € par mois ;
  • un site vitrine de quelques pages, fait par un indépendant : entre 1 500 et 4 000 €, davantage avec une prise de rendez-vous ou un catalogue, selon ce qu’il y a dedans.

Autrement dit, la première étape coûte le prix d’un repas par mois, et elle n’empêche rien : le jour où le site devient nécessaire, le domaine, la fiche et les avis sont déjà là, et le site s’y raccorde.

Ce qu’il faut faire dès le départ, site ou pas

Deux choses ne se rattrapent pas facilement.

Choisir une écriture de votre nom, de votre adresse et de votre téléphone, et la garder partout. Sur la fiche, sur la page, sur les documents, sur les annuaires où on vous inscrira sans vous demander. Google recoupe tout ça, et deux adresses écrites différemment font baisser la confiance.

Garder la propriété de ce qui porte votre nom. Le nom de domaine à votre nom, pas à celui d’un prestataire ou d’un cousin. La fiche Google créée avec votre compte. Les accès notés quelque part. Beaucoup de reprises de site commencent par récupérer ce que quelqu’un d’autre détient.

Par quoi commencer cette semaine

Répondez à trois questions par écrit. Est-ce que des gens cherchent mon métier sur Google dans ma zone ? Est-ce que ma prestation demande d’être expliquée avant d’être achetée ? Est-ce qu’on va vérifier qui je suis avant de me répondre ? Trois non : la fiche, le domaine et une page suffisent pour l’instant. Un oui ou plus : le site fait partie du lancement, et on peut en parler avant l’immatriculation, y compris pour vous dire qu’il peut attendre.

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