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Refaire son site sans perdre son référencement : les redirections expliquées

Le scénario est courant, et il fait mal : une entreprise refait son site, il est plus beau, plus rapide, et trois semaines plus tard le téléphone sonne moins. Les visites venues de Google ont chuté de moitié. Rien n’est cassé, le site s’affiche très bien. Ce qui a disparu, ce sont les adresses des pages, et avec elles la confiance que Google leur accordait depuis des années.

Ça s’évite entièrement, à condition de s’y prendre avant de couper l’ancien site. Voici comment.

Ce que Google mémorise vraiment

Google ne connaît pas votre entreprise, il connaît des adresses. Chaque page de votre site en a une, ce qui suit le nom de domaine : monsite.fr/depannage-chaudiere. Au fil des années, cette adresse accumule de la confiance : des visites, des clics, d’autres sites qui la citent, un historique de réponses utiles. C’est à cette adresse, pas à votre nom, que Google attribue la place dans ses résultats.

Le jour où la refonte transforme monsite.fr/depannage-chaudiere en monsite.fr/services/chauffage/urgence sans rien dire, l’ancienne adresse renvoie une page d’erreur. Google constate que la page a disparu, la retire de ses résultats, et repart de zéro sur la nouvelle, qu’il ne connaît pas. Les visites s’effondrent, et il faut souvent des mois pour revenir au point de départ, parfois jamais.

La redirection, en une phrase

Une redirection, c’est une instruction posée sur l’ancienne adresse qui dit : « cette page a déménagé, elle est maintenant là ». Le visiteur ne voit rien, il arrive directement sur la nouvelle page. Google, lui, comprend que c’est la même page qui a changé d’adresse, et il transfère la confiance accumulée vers la nouvelle. Techniquement, on parle de redirection 301, « permanente » ; c’est une ligne de configuration par adresse, et ça se met en place en une heure une fois la liste faite.

Ce qu’il faut retenir : la redirection ne coûte rien, mais elle suppose de connaître les anciennes adresses. Une fois l’ancien site coupé, la liste est perdue.

La liste à faire avant de couper quoi que ce soit

  1. Toutes les adresses de l’ancien site. Le plan du site, s’il en a un (monsite.fr/sitemap.xml), ou une navigation page par page en notant les adresses. Y compris les pages qu’on croit inutiles.
  2. Celles qui reçoivent des visites. Dans la Search Console de Google ou dans votre outil de statistiques : les pages qui apparaissent dans les résultats et celles qu’on clique. Ce sont les adresses à protéger en priorité. Souvent, une page écrite il y a six ans sur un sujet précis est votre meilleure source d’appels, et personne au bureau ne s’en souvient.
  3. Pour chacune, la page qui la remplace sur le nouveau site. Une correspondance une à une quand c’est possible. Si l’ancienne page n’a pas d’équivalent, on la redirige vers la page la plus proche, pas vers l’accueil : rediriger tout vers l’accueil est ce que Google traite comme une disparition.
  4. Les adresses qu’on peut garder telles quelles. Le plus simple, quand la structure le permet : si monsite.fr/depannage-chaudiere fonctionne, pourquoi la changer ? Une bonne refonte conserve les adresses qui marchent, et ne redirige que ce qui doit vraiment bouger.

Ce qui se perd aussi, et qu’on oublie

Les textes qui amènent les visites. Une refonte est souvent l’occasion de « tout réécrire ». Si une page sortait sur une recherche précise grâce à un paragraphe qui répondait bien, réécrire ce paragraphe en trois mots d’agence le fait disparaître. On reprend le texte, on l’améliore, on ne le supprime pas.

Le nom de domaine. Changer de nom de domaine pendant une refonte, c’est deux déménagements en un. Si c’est inévitable, chaque adresse de l’ancien domaine doit rediriger vers son équivalent sur le nouveau, et l’ancien domaine doit rester à vous pendant des années.

Les avis. Ils sont attachés à votre fiche Google, pas au site. Ils survivent à la refonte, à une condition : ne pas créer une deuxième fiche en double au passage.

La fiche Google elle-même, qui pointe vers l’ancien site : à mettre à jour le jour de la mise en ligne, avec la nouvelle adresse et les mêmes nom, adresse et téléphone qu’avant.

Le jour de la mise en ligne

Trois vérifications, dans l’ordre :

  • Ouvrir dix anciennes adresses, prises dans la liste, et constater qu’elles arrivent sur la bonne page du nouveau site, sans page d’erreur.
  • Vérifier que le nouveau site n’est pas marqué « ne pas indexer » : c’est une case qu’on coche pendant la construction pour que Google n’indexe pas un site en chantier, et qu’on oublie de décocher. C’est la cause la plus fréquente d’un site neuf invisible.
  • Envoyer le nouveau plan du site dans la Search Console, et regarder, les semaines suivantes, les erreurs qu’elle signale : chacune est une adresse oubliée, et une redirection à ajouter.

Avant de refaire

Tout ceci suppose qu’il faille vraiment refaire. Souvent, un site qui « ne rapporte rien » se répare en une journée, et six vérifications disent lequel des deux cas est le vôtre. Si c’est une refonte, la liste des adresses fait partie du travail de création, avant la première maquette. Et si vous avez déjà un nouveau site et que les visites ont chuté, il n’est pas trop tard tant que l’ancien plan du site existe quelque part : écrivez-nous, c’est le genre de chose qu’on regarde en une heure.

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