Un artisan du bâtiment n’a pas besoin d’un beau site. Il a besoin d’un téléphone visible, des photos de chantiers, et d’être trouvé quand quelqu’un tape son métier et sa commune. Le reste est secondaire, et une bonne partie se règle sans site du tout.
Ce qui suit vaut pour un plombier d’Oyonnax, un électricien de Bellignat, un couvreur de Nantua ou un menuisier de Montréal-la-Cluse : le même client, la même recherche, les mêmes trois écrans avant l’appel.
Comment on vous cherche
Deux situations, très différentes.
L’urgence. Une fuite, une panne de chauffage un dimanche, une porte qui ne ferme plus. La personne tape « plombier Oyonnax » ou « dépannage chauffage Haut-Bugey » sur son téléphone, regarde la carte, appelle le premier qui répond. Ici, tout se joue sur la fiche Google Business : la bonne catégorie, des horaires qui disent que vous prenez les urgences, un numéro cliquable. Le site n’est presque pas ouvert.
Le projet. Une salle de bains, une rénovation, une extension, une toiture. Là, la personne compare, prend son temps, regarde trois ou quatre artisans. Elle ouvre le site, cherche des photos de travaux comparables au sien, une zone d’intervention, un ordre de prix, et une manière de demander un devis sans avoir à appeler à 22 h. C’est pour ce client-là qu’un site travaille.
Ce que le site doit montrer
Le téléphone, en haut de chaque page, cliquable. Pas en bas d’une page « Contact ». Sur un téléphone, un numéro sur lequel on peut appuyer, c’est un appel ; un numéro à recopier, c’est un client de moins.
Des photos de vos chantiers. Avant, pendant, après. Prises au téléphone, en lumière du jour, sans filtre. Dix vraies photos de salles de bains que vous avez faites valent mieux que trois photos de banque d’images d’une salle de bains que personne n’a jamais posée. C’est ce qui décide, et c’est le poste que les artisans négligent le plus alors qu’ils ont la matière première tous les jours.
Une page par prestation réelle. « Plomberie » ne dit rien. « Remplacement de chaudière », « salle de bains clé en main », « dépannage fuite », chacune avec ce que ça comprend, comment ça se passe, en combien de temps, et un ordre de prix ou au moins la manière dont vous chiffrez. C’est ce que Google fait remonter, et c’est ce qui évite les appels pour rien.
La zone d’intervention, écrite. « Oyonnax, Bellignat, Arbent, Dortan, Nantua et le Haut-Bugey, jusqu’à Valserhône. » Une phrase. Pas une page par commune : ça ne remonte pas, et ça se voit.
Les garanties et les assurances. Décennale, qualifications, labels si vous en avez. Une ligne suffit, mais elle rassure sur un projet à quinze mille euros.
Un moyen de demander un devis sans appeler. Un formulaire court : nom, téléphone, commune, quelques mots sur le chantier, la possibilité de joindre une photo. Vous rappelez le soir. Ça capte les gens qui n’osent pas déranger un artisan en journée.
Ce qui ne sert à rien
- Une page « Actualités » qu’on ne tiendra pas. Vous êtes sur les chantiers, pas devant un clavier. Un article datant de 2022 fait plus de mal que pas de page.
- Un configurateur de devis en ligne. Aucun chantier ne se chiffre sans visite. Il produit des chiffres faux et des déçus.
- Les animations, le diaporama en page d’accueil. Ils ralentissent le site sur le téléphone de quelqu’un qui cherchait juste votre numéro.
- Le vocabulaire technique. Le client ne sait pas ce qu’est un PER ou une ITE. Il sait qu’il a froid ou que ça fuit.
Par quoi commencer, quand on n’a pas le temps
Dans l’ordre, et les trois premiers points tiennent en une soirée :
- La fiche Google Business, remplie jusqu’au bout, avec la bonne catégorie (« plombier », pas « entreprise de bâtiment ») et vingt photos de chantiers.
- Le nom, l’adresse et le téléphone écrits pareil partout : fiche, site, Pages Jaunes, annuaire de votre fédération, camion.
- Demander un avis aux trois prochains clients contents, en fin de chantier, en face. Répondre à chaque avis.
- Le site, quand les trois premiers points tiennent : quelques pages écrites, une par prestation, des photos, un formulaire. Un site vitrine de ce genre se situe entre 1 500 et 4 000 € chez un indépendant ; s’il en existe déjà un, il se répare souvent avant de se refaire.
Si vous voulez qu’on regarde votre fiche et votre site actuel, ou juste un avis sur un devis reçu ailleurs, écrivez-nous : on répond le soir aussi.
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